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Bent - Neuchâtel du 18 au 26 avril 2008

Du 18 au 26 avril 2008, la Compagnie Maskarade, jeune troupe neuchâteloise, présente au Théâtre de la Poudrière à Neuchâtel l'un des premiers témoignages sur la déportation des homosexuels par les nazis : la pièce "Bent" de Martin Sherman. "Bent" est l'une des rares œuvres littéraires traitant de l'oppression et de la déportation des homosexuels, encore niée aujourd'hui par d'autres congrégations de déportés.

 

 

 

 

 

 

 

 


L'histoireDéportation homosexuelle
En 1934 à Berlin, Max et Rudy, un couple d'homosexuels, assistent à l'assassinat d'un jeune homme par la Gestapo. Ce meurtre fait partie d'un massacre généralisé par les SS. La ville est à feu et à sang. Plus aucun homosexuel n'est en sécurité. Rudy et Max fuient mais sont découverts et déportés à Dachau. Rudy est tué pendant le voyage. Max survit grâce à l'aide inattendue d'un autre prisonnier homosexuel. Au camp, à force de suer ensemble et de craindre le pire, les deux hommes tombent amoureux et tentent de retrouver un certain bonheur. Des joies de courte durée dans un tel lieu.

Loin des clichés, "Bent" montre aussi le long chemin de l'un des personnages pour s'accepter, malgré les constantes violations de ses droits et le mépris de la société.

La pièce
Ecrite en 1979 par l'auteur juif américain Martin Sherman, "Bent" est issu du témoignage de l'Autrichien Heinz Heger, déporté durant la 2ème Guerre Mondiale en raison de son homosexualité. La première de la pièce eut lieu en 1979 au Royal Court Theatre de Londres avec Ian McKellen dans le rôle principal. "Bent" est un succès, les critiques de la presse anglaise sont enthousiastes. La pièce est traduite en plusieurs langues et portée au cinéma en 1997.

Bent - Neuchâtel du 18 au 26 avril 2008"Bent" a reçu de nombreux prix dans les pays anglophones, où elle reste plus célèbre qu'en France. En 1980, elle est nommée pour un Tony awards aux Etats-Unis, l’équivalent des Molières, ainsi que pour le Prix Pulitzer. En 2002, elle est enfin nommée dans la catégorie "révélation de l’année" aux Molières. Acclamée dans les pays anglo-saxons, elle n’a été jouée que cinq fois en Suisse depuis sa création en 1979.

 


 

 

 

Les relations troubles entre les nazis et l'homosexualité
Arrivé au pouvoir en 1930, Hitler place Ernst Röhm à la tête des SA, son armée personnelle. L'homosexualité ouvertement assumée de Röhm et de nombreux chefs des SA fait jaser en Europe. Göring et Himmler convainquent Hitler qu'homosexualité et nazisme ne peuvent être associés et qu'elle est un fléau pour l'Allemagne. Les SA sont accusés de fomenter un coups d'état. Hitler les élimine avec l'aide des SS entre le 29 et le 30 juin 1934 : la "Nuit des longs couteaux". Hitler déclare que le peuple allemand est seul responsable de ce massacre, qu'il a dû commettre pour le bien de l'Allemagne. Le meurtre légalisé lui permet de faire accepter les autres atrocités par le peuple allemand.

Après les SA victimes des luttes de pouvoir, les homosexuels continuent d'être opprimés par Hitler sous prétexte de "purification" du peuple allemand. Peu enclins à la procréation, ils sont déclarés coupables de freiner le projet d'une "grande Allemagne"et déportés.

Dans les camps, une hiérarchie s'impose entre les prisonniers. Les criminels, les triangles verts, sont les plus respectés par les nazis et les "chefs" des baraquements. Puis viennent les prisonniers politiques et enfin les juifs. Les homosexuels se retrouvent au bas de l'échelle. Considérés comme la "peste" des camps, ils sont maltraités par les nazis et par les autres détenus.

Après la guerre, de nombreuses victimes du nazisme sont aidées à la libération des camps. Les homosexuels libérés de l'enfer sont à nouveau emprisonnés pour acte homosexuel, un crime. De nombreux triangles roses n'ont jamais reçus de compensation financière. Certains déportés refusent encore aujourd'hui de leur accorder le statut de victimes du nazisme. Lors du lancement de la pièce "Bent" à Paris, le président de l'UNADIF (Union Nationale des Anciens Déportés et Internés et Familles), avait écrit à Jack Lang, alors ministre de la culture, pour que celui-ci empêche sa représentation. Les fleurs déposées sur le monument aux déportés à Paris par la congrégation des déportés homosexuels sont systématiquement piétinées par les autres congrégations. Malgré la chute du nazisme, la hiérarchie des camps persiste avec le temps. Les homosexuels morts dans les camps sont tués deux fois : par les armes et par le reniement. Un sujet peu abordé par les médias et qui ne figure que rarement dans les programmes scolaires.


Le paragraphe 175 condamné
Les triangles roses ont été arrêtés et déportés en violation du paragraphe 175 nommé "du sang et de l'honneur". Cette loi est préexistante au régime nazi et a été modifiée en 1934. Elle interdisait toute relation homosexuelle décrite comme "contre nature".  Être arrêté pour cause d'homosexualité entraînait la perte de tous les droits civiques. La paragraphe 175 n'a été aboli en Allemagne qu'en 1994.

En anglais, "Bent" signifie "courbé, plié, déviant". Ce mot est toujours utilisé pour désigner les homosexuels.

 

Guide-portail d'information gay, bi et lesbien suisse :
- Swissgay.ch

 

Dates des représentations et réservations
  18 avril : 20h
  19 et 20 avril : 17h
  du 22 au 26 : 20h.
Théâtre de la Poudrière, 22 quai Philippe Godet, Neuchâtel. Réservations : 032 724 65 19.


Lire aussi :
- Le site de la troupe : Compagnie Maskarade
- Sur Swissgay.ch : articles sur la déportation
- L'histoire du triangle rose : http://fr.wikipedia.org/wiki/Triangle_rose
- Le paragraphe 175 : http://www.triangles-roses.org/paragraphe_175.htm

Par Swissgay
Mardi 15 avril 2008
- Publié dans : Actualité suisse - Communauté : Gays news
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